jeudi 6 décembre 2007

Francisco nous parle des philosophes II

La fonction image ( réflexions sur l’image II)

Je ne sais pas si vous vous rappellez mais nous auvons, précédemment, abordé l’image que l’on donne de soi . Nous avions conclu à l’existence d’une profonde différence entre ce reflet donné aux regards des autres et ce que l’on est en réalité. Le jeune qui pratique le tuning se crée, en réalité, une image dans un but bien déterminé. Mais, le but et l’image qui constitue le moyen en vue d’une fin sont relativement conventionnel. L’image que le tunner donne de lui même renvoit à un index culturel qui la fait exister comme telle, qui l’a fait exister comme image. On l’a dit, s’il agit de la sorte c’est d’adord et avant tout pour complaire les autres mais n’importe quel « autres ». Ce sont les autres qui partagent ce même index culturel qui sont le plus suceptibles de comprendre cette image et c’est à eux qu’il s’adresse lorsqu’il revet son pantalon de survet et ses lunettes d’aviateur.
En conséquence, il est facile d’imaginer que, le dit individu, rêve, en réalité, de se balader dans les rues vétu de toute autre manière. Mais contraint par la force des conventions vestimentaires il se condamne sans même sans rendre compte à montrer une certaine image. Ah vanité de l’homme qui aime à se vautrer dans le faux semblant de l’apparence ! pauvre de lui, lui qui ne penserait peut-être mais pas à se vetir autrement...
Comme le disait si justement Pascal, il nous importe peu de plaire dans une ville que nous ne connaissonns pas, où nous ne connaissons personne. Tout change lorsqu’il s’agit d’ une ville connue. C’est précisément en cela que consiste cette vanité purement humaine: plaire aux autres sans prendre conscience de la réalité misérable de notre existence, se complaire dans ce cirque de style, de pure divertissement.
Mais nous ne s’égarons pas trop dans le travail apologistique pascalien... Ce que je veux dire ici c’est qu’il faut se détacher d’une certaine vision, un peu trop coutumière à mon goût, de ce qu’est l’image. L’image n’est pas seulement une copie de la réalité. Notre ami tunner est, en ce sens, un parfait exemple. L’image, ici, ne vise pas une fonction purement représentationnelle mais une fonction relationnelle. Il endausse un costume pour pouvoir s’intégrer à une certaine communauté. L’image, entendue ici comme « image pour », est donc plus qu’une représentation, c’est une fonction image.
En lieu et place d’essayer de déterminer les limites de la catégorie image, il vaut mieux s’interoger sur la fonction que possède l’image. On a tort de s’arrêter à une conception platonicienne purement mimétique. Notre société actuelle, comme société d’images, tend à nous convaincre de la force cette « fonction image ». Une revue comme choc n’est un exemple que parmie tant d’autres. Elle existe à travers cette fameuse phrase: le poids des mots le choc des images. L’image est puissante car elle nous touche directement. Rapellez vous de cette célèbre photo, celle d’une jeune fille à demi nue brulée au napalm courant pour échapper à la mort. Je crois que cette photo a eu beaucoup plus d’impactes, pour mettre fin à la guerre du viet-nam, que les nombreuses réunions organisées dans les ambassades.
Nous poursuivrons nos réflexions un peu plus tard en abordant le fameux cheval de Gombrich.

Déformation professionnelle

Il y a quelques jours de cela, ma soeur me demande de l’aider dans l’écriture d’un paragraphe décrivant un paysage. L’idée était relativement simple ; il fallait utiliser un vocabulaire lié à la sensation, à la perception...bref, le prof demandait une simple description. Et voici le résultat, en lieu et place de la dite description ma soeur s’est retrouvée avec une mini réflexion sur la possibilité d’une description de paysage. Réflexion qui va jusqu’à intégrer une certaine référence heideggerienne au dasein.
L’idée développée dans ces quelques lignes est relativement simple : les descriptions réalisées par des élèves sont, le plus souvent, purement visuelle. Je voulais juste mettre en évidence que ce que l’on retient d’un paysage n’est pas purement photographique, bien au contraire. Il suffit de lire Proust pour s’en rendre compte. Avec la fameuse madeleine, c’est le gout qui agit comme déclencheur du souvenir. La reminiscence n’est pas d’origine visuelle.
Voici le texte en question :

No podemos reducir la descripción de un paisaje a la mera enumeración de objetos visuales de una fotografía. El paisaje en sí entraña mucha más complejidad: es una mezcla de olores, de colores, de profundidades varias, de sensaciones diversas y la especial característica de la vivencia, del estar in situ. Podría describir un largo camino de tierra serpenteando entre los pinos, una vegetación típica del mediterráneo; y como poco a poco, a medida que aparece el mar, desaparece el camino y se abre la extensa cala con su agua quieta y tranquila. En fin, un cuadro impresionista, una mezcla de verde, de oro y de azul: manchas de colores dejadas por un artista genial. Sin embrago, al describir este aspecto tan visual del paisaje, habría dejado de lado el olor…el olor a pino, el olor a salitre y la experiencia de la brisa acariciándome como si unos dedos me recorriesen la piel suavemente…el suspiro de Neptuno.



Frank Dubosc- Le ringard

Voilà une illustration de mon propos

mardi 20 novembre 2007

Francisco Tauraja nous parle des philosophes



Image de soi, un reflet destiné aux autres


L’autre jour je me promenais dans une ville du sud de l’Espagne lorsque je vis des jeunes pratiquant ce qu’on appelle le «tunning ». Qu’est ce que le tuning ? Nous avons tous une vision particulère de cette activité. Certains vous diront que l’on peut la résumer à une musique techno, les fenêtres ouvertes (un bras à l’extérieure) et quelques néons de couleurs....hummm, étrangement agencées dirons-nous. D’autres, vous dirons que c’est le port ostentatoire du mulet et du survet’ de couleurs flashy. Les définitions sont nombreuses mais tous ont un point commun : se montrer ! Car sinon à quoi serviraient un radiateur bleu sur le tableau de bord, une peau de bête sur le volant, un autocollant enflammé sur la portière ou un néon sous le bas de caisse ?
C’est en me posant ces questions que je me suis rappellé ce que disait Pascal à ce sujet.

Nous voulons vivre dans l’idée des autres d’une vie imaginaire, et nous nous efforcons pour cela de paraître. Nous travaillons incessement à embellir et conserver notre être imaginaire et négligeons le véritable. (Brunschvicg 147)

Il savait bien de quoi il parlait le bougre, lui qui, jusqu’au jour ou il manqua de mourir dans un accident de voiture à cheval ( lui suspendu dans le vide et les chevaux déjà tombés à l’eau) vivait une époque que l’on a pris l’habitude de qualifier de mondaine . En effet, notre ami Pascal durant cette époque de sa vie, aimait à se donner en spectacle se promenant dans une limousine de l’époque ( il roulait en 6 chevaux, le roi lui roulait en 8 chevaux). Aussi, il parle en connaissance de causes lorsqu’il dit que nous nous créons un double imaginaire destiné à la vie en collectivité. Ce double c’est un peu comme le reflet du miroir. Un moi qui n’est pas moi. Une apparance dans laquelle nous nous efforcons de nous maintenir et que nous cherchons à embellir.
Parce qu’un individu a 4 laquais je me dois de lui devoir le respect ??? Cette simple apparance est une force. ! Mais plus qu’une force tout cela n’est qu’un habit. Mais si l’apparence parait comme une force dans le cas de celui qui possède 4 laquais est-ce de même pour le fan de tunning ? Je crois qu’il la considère comme telle ! Pour ce jeune homme, le mulet, le jogging, la musique techno sont une force pour draguer les filles (si seulement il savait...).
On pourrait donc, en forcant un peu les choses, faire de ce double destiné aux autres, cet habit, la manifestation d’une volonté de puissance ou mieux d’une volonté de plaire ( de plaire aux autres). Cette volonté me concerne mais concerne d’abord et surtout les autres. En effet, le reflet dans le miroir n’existe pas si je ne suis pas là pour le regarder. Nous voulons vivre dans l’idée des autres. Mais pas n’importe qui. Pascal poursuit en disant que l’on cherche plus à plaire dans une ville dans laquelle nous résidons qu’une ville dans laquelle nous sommes seulement de passage. C’est donc pour plaire à ceux qui le regarde, et ceux qui sont susceptibles de le regarder que le jeune tuning agit de la sorte. C’est la théorie du spectateur. S’efforcerait-il autant s’il était le seul à faire du tuning ? Mais en se fixant sur le regard qu’on les autres, il se néglige. Comme le dit un célèbre penseur belge : « Tu regardes à l'intérieur de toi et tu deviens aware of your own body ».