Je ne sais pas si vous vous rappellez mais nous auvons, précédemment, abordé l’image que l’on donne de soi . Nous avions conclu à l’existence d’une profonde différence entre ce reflet donné aux regards des autres et ce que l’on est en réalité. Le jeune qui pratique le tuning se crée, en réalité, une image dans un but bien déterminé. Mais, le but et l’image qui constitue le moyen en vue d’une fin sont relativement conventionnel. L’image que le tunner donne de lui même renvoit à un index culturel qui la fait exister comme telle, qui l’a fait exister comme image. On l’a dit, s’il agit de la sorte c’est d’adord et avant tout pour complaire les autres mais n’importe quel « autres ». Ce sont les autres qui partagent ce même index culturel qui sont le plus suceptibles de comprendre cette image et c’est à eux qu’il s’adresse lorsqu’il revet son pantalon de survet et ses lunettes d’aviateur.En conséquence, il est facile d’imaginer que, le dit individu, rêve, en réalité, de se balader dans les rues vétu de toute autre manière. Mais contraint par la force des conventions vestimentaires il se condamne sans même sans rendre compte à montrer une certaine image. Ah vanité de l’homme qui aime à se vautrer dans le faux semblant de l’apparence ! pauvre de lui, lui qui ne penserait peut-être mais pas à se vetir autrement...
Comme le disait si justement Pascal, il nous importe peu de plaire dans une ville que nous ne connaissonns pas, où nous ne connaissons personne. Tout change lorsqu’il s’agit d’ une ville connue. C’est précisément en cela que consiste cette vanité purement humaine: plaire aux autres sans prendre conscience de la réalité misérable de notre existence, se complaire dans ce cirque de style, de pure divertissement.
Mais nous ne s’égarons pas trop dans le travail apologistique pascalien... Ce que je veux dire ici c’est qu’il faut se détacher d’une certaine vision, un peu trop coutumière à mon goût, de ce qu’est l’image. L’image n’est pas seulement une copie de la réalité. Notre ami tunner est, en ce sens, un parfait exemple. L’image, ici, ne vise pas une fonction purement représentationnelle mais une fonction relationnelle. Il endausse un costume pour pouvoir s’intégrer à une certaine communauté. L’image, entendue ici comme « image pour », est donc plus qu’une représentation, c’est une fonction image.
En lieu et place d’essayer de déterminer les limites de la catégorie image, il vaut mieux s’interoger sur la fonction que possède l’image. On a tort de s’arrêter à une conception platonicienne purement mimétique. Notre société actuelle, comme société d’images, tend à nous convaincre de la force cette « fonction image ». Une revue comme choc n’est un exemple que parmie tant d’autres. Elle existe à travers cette fameuse phrase: le poids des mots le choc des images. L’image est puissante car elle nous touche directement. Rapellez vous de cette célèbre photo, celle d’une jeune fille à demi nue brulée au napalm courant pour échapper à la mort. Je crois que cette photo a eu beaucoup plus d’impactes, pour mettre fin à la guerre du viet-nam, que les nombreuses réunions organisées dans les ambassades.
Nous poursuivrons nos réflexions un peu plus tard en abordant le fameux cheval de Gombrich.
Il y a quelques jours de cela, ma soeur me demande de l’aider dans l’écriture d’un paragraphe décrivant un paysage. L’idée était relativement simple ; il fallait utiliser un vocabulaire lié à la sensation, à la perception...bref, le prof demandait une simple description. Et voici le résultat, en lieu et place de la dite description ma soeur s’est retrouvée avec une mini réflexion sur la possibilité d’une description de paysage. Réflexion qui va jusqu’à intégrer une certaine référence heideggerienne au dasein.
